Tu as envie de donner plus de place au corps dans tes séances de sophrologie, et tu ne sais pas par quoi commencer. Pour choisir des mouvements simples dans une séance de sophrologie, je suis ces trois principes : l'intention, l'adaptation, puis la simplicité et la lenteur. Les voici, dans l'ordre, suivis de quelques mouvements pour commencer.
Premier principe : partir de l'intention de la séance de sophrologie
Avant de regarder un mouvement, regarde ce que tu cherches à faire vivre pendant la séance de sophrologie. Le mouvement se met au service de cette intention. Un mouvement choisi parce qu'il est beau, ou parce que tu l'aimes sur ton propre tapis, risque de conduire ta sophronisante ailleurs que là où tu voulais l'emmener.La question à te poser est simple : qu'est-ce que ce mouvement vient servir ici ?
Quand tu as la réponse, le choix se réduit déjà beaucoup. L'intention peut être de ramener l'attention dans le corps, d'apaiser, de redonner un peu d'énergie, de gérer le stress, de libérer les tensions. Tu la connais, c'est ton métier : tu sais ce que tu cherches à obtenir avant même de choisir la première consigne. Il s'agit de poser la même exigence sur la posture ou l’exercice de yoga que sur le reste de ta séance de sophrologie.
Quand tu as la réponse, le choix se réduit déjà beaucoup. L'intention peut être de ramener l'attention dans le corps, d'apaiser, de redonner un peu d'énergie, de gérer le stress, de libérer les tensions. Tu la connais, c'est ton métier : tu sais ce que tu cherches à obtenir avant même de choisir la première consigne. Il s'agit de poser la même exigence sur la posture ou l’exercice de yoga que sur le reste de ta séance de sophrologie.
Deuxième principe : adapter le mouvement à la personne en face de toi
L'adaptation vient après l'intention. L'intention dit où tu veux aller, l'adaptation dit comment y aller avec la personne qui est devant toi, ou avec le groupe que tu accueilles. Ce que ces corps-là peuvent faire confortablement, ce qu'ils connaissent déjà, ce qui serait trop.
Adapter, c'est aussi observer. Ta cliente suit-elle le geste sans hésiter, ou ralentit-elle pour regarder autour d'elle ? Son souffle reste-t-il calme ? Ces signes te disent si le mouvement est à sa portée, bien avant qu'elle ne te le dise.
Troisième principe : des mouvements simples et lents, pour garder le regard à l'intérieur
Un mouvement compliqué oblige celui ou celle qui ne le maîtrise pas à garder un œil sur le professeur ou sur le voisin pour s'assurer que le geste est correct. Un mouvement simple se comprend d'un coup d'œil et ne demande de suivre personne du regard. Il peut s'effectuer seul.
Et quand on peut le faire seule, le regard peut se tourner vers l'intérieur. Or c'est exactement là que la sophrologie travaille : l'intériorité, une conscience plus fine du corps, plus de concentration, et cette radio mentale qu'on cherche à couper. Un mouvement qui demande de vérifier, de comparer, de corriger la rallume aussitôt.
Il y a plus. Un mouvement trop complexe, ou mal choisi, peut stresser ta cliente. Tu voulais l'apaiser, et le geste la place dans une situation où elle peut réussir ou échouer.
Il y a aussi la lenteur, et c'est probablement le plus important. Un mouvement lent favorise la concentration et l'intériorité.
Véronique, devenue par la suite mon élève, a rejoint mon cours après avoir suivi un cours de vinyasa. Ce style peut se guider très vite, même si je l'ai aussi vu guidé lentement. Elle n'a pas aimé : elle n'a pas réussi à sentir ce qui se passait dans son corps. Tout allait trop vite, sans pause et sans intériorité. Un vinyasa guidé ainsi n'a pas sa place dans une séance de sophrologie, parce que la rapidité exclut les pauses phroniques, essentielles à la méthode d'Alfonso Caycedo, le fondateur de la sophrologie.
Simplicité et lenteur ne suffisent pourtant pas à garder le regard à l'intérieur : ta façon de le guider compte autant. Une consigne précise et claire permet à ta cliente de se placer sans vérifier, même sur une posture de yoga plus engagée. Guider avec cette précision et cette clarté s'apprend, et il est plus facile de commencer par des choses simples.
Autre point : ne fais pas l'exercice avec ta cliente. C'est ce que j'enseigne à mes élèves. Pendant qu'elle bouge, ton attention reste libre pour la guider et l'observer.
Un mot pour éviter un contresens. Quand je dis que le mouvement simple peut s'effectuer seul, je parle de ta cliente : elle n'a pas besoin de vérifier son geste du regard. Cela ne veut pas dire que toi, tu peux l'enseigner sans t'y être formée. Choisir un mouvement simple, c'est déjà savoir pourquoi il est simple, ce qu'il demande, et à qui il ne convient pas.
Des mouvements simples et lents pour commencer
Le chat-vache fait onduler la colonne à quatre pattes, lentement, au rythme du souffle. Pour les essuie-glaces, ta cliente est allongée sur le dos, genoux pliés, et laisse tomber les jambes d'un côté puis de l'autre. Ces deux mouvements se comprennent immédiatement, se font seule et se prêtent à un rythme lent : elle n'a aucune raison de regarder autour d'elle.
Les postures de yin se tiennent longtemps, au sol, sans rien enchaîner. C'est le contraire du vinyasa que Véronique a connu : la lenteur y est la règle, et elles laissent de la place aux pauses phroniques.
Chacun de ces mouvements passe le même test : il sert l'intention de ta séance de sophrologie, il convient à la personne en face de toi, et ta consigne est assez claire pour qu'elle n'ait pas à te regarder.
Pour aller plus loin sans improviser
Ces trois principes ne sont qu'une étape. D'autres questions suivent aussitôt : comment l'introduire, où le placer, comment le relier à ce que tu fais déjà. Ce sont des questions de construction, et elles méritent mieux qu'un essai à l'intuition.
J'ai réuni dix repères pour y répondre avant de te lancer, dans le guide « Allier le yoga et la sophrologie : 10 conseils avant de se lancer ». Tu peux le découvrir ici, si ça résonne avec ce que tu veux construire dans ta pratique.
Si tu te demandes comment allier le yoga et la sophrologie quand on part sans expérience, tu peux lire cet article sur l'alliance du yoga et de la sophrologie sans expérience. Et pour réfléchir à la place de chaque pratique, celui-ci sur l'ordre des pratiques dans une séance de yoga et de sophrologie prolonge la question.
La question est peut-être là : quel premier mouvement t'aiderait à garder le regard de ta cliente tourné vers l'intérieur ?
À propos de l'autrice
Mila Rivault est ancienne journaliste, autrice, sophrologue certifiée RNCP en 2018 et professeure de yoga (500 h RYT Yoga Alliance). Elle forme les sophrologues depuis 2019 à allier yoga et sophrologie en toute sécurité, avec la méthode YOGAsophro® qu'elle a créée. En savoir plus sur Mila.
