Voici ce que j'ai noté dans mon journal après avoir guidé une séance de YOGAsophro® orientée stress post-traumatique. Ce sont les mots d'un·e stagiaire, recueillis à chaud, que j'ai consignés pour ne pas les perdre :« La séance m'a remis les nerfs en place. J'étais dans une grande agitation avant de commencer, et je me sens à nouveau centré·e. J'ai senti mes contractions se relâcher, mes muscles se sont libérés. Je me suis endormi·e à la fin — j'étais trop fatigué·e. »
Quelques lignes. Pas de mise en forme, pas de conclusions théoriques. Juste ce qui s'est passé, dans le corps et dans l'état intérieur, après la pratique.Mon journal ne contient pas seulement mes propres observations de praticienne. Il contient aussi ce que mes stagiaires vivent — parce que ce qu'ils traversent en séance est une information pédagogique que je ne veux pas laisser disparaître. C'est ça, un journal de pratique vivant. Et c'est précisément pour ça qu'il est utile.
Un outil qui vient de loin : le svadhyaya
Dans la tradition du yoga, le journal de pratique n'est pas un outil de développement personnel contemporain. Il s'inscrit dans le svadhyaya — l'un des cinq niyamas décrits par Patanjali dans les Yoga Sutras. Le svadhyaya, c'est l'étude de soi. L'observation lucide de ce qu'on est, de ce qu'on fait, de ce qui se passe en soi quand on pratique.
C'est un concept plus vaste que le simple carnet de notes — il englobe aussi l'étude des textes, la réflexion sur les enseignements, la vie des sages qui ont transmis la discipline. Mais dans sa dimension la plus quotidienne et la plus accessible, il commence par là : noter ce qu'on observe.
Pour une sophrologue qui intègre le yoga dans sa pratique, cette tradition résonne directement avec quelque chose qu'elle connaît déjà : la phénodescription.
Le parallèle avec la phénodescription sophrologique
La phénodescription, c'est le moment dans une séance de sophrologie où la sophronisante décrit ce qu'elle a vécu — les sensations, les images, les états traversés, cette phénodescription peut se faire à la fois à l'oral ou à l'écrit. Sans jugement, sans interprétation forcée. Juste ce qui a été perçu.
Le journal de pratique fonctionne exactement de la même façon, mais en privé, par écrit, pour soi. C'est une phénodescription personnelle que l'on adresse à soi-même. Ce parallèle n'est pas anodin. Il signifie que la sophrologue qui commence à tenir un journal de pratique YOGAsophro® n'apprend pas un geste étranger à sa discipline — elle approfondit quelque chose qu'elle fait déjà en séance, et elle le retourne vers sa propre expérience. C'est le svadhyaya appliqué : l'outil pédagogique devient outil de connaissance de soi.
Ce que le journal change concrètement dans l'enseignement
Je me sers de mon propre journal comme guide pour mes élèves. Ce que j'ai pratiqué, noté, observé sur moi — ce sont les matériaux à partir desquels je construis mes séances. Pas de façon mécanique, mais parce que l'expérience personnelle est la seule base vraiment solide pour enseigner.
Quand je note après une séance orientée stress post-traumatique que l'agitation d'un élève s'est dissipée, que ses muscles se sont relâchés, qu'il s'est endormi de fatigue — ce n'est pas anecdotique. C'est une information précieuse sur ce que cette séance produit réellement dans le corps et l'état intérieur. Et c'est cette information-là que je peux transmettre à mes sophronisant·es avec honnêteté, parce que d'autres l'ont vécu.
C'est aussi ce que j'enseigne à mes stagiaires en formation YOGAsophro® : tenir un journal de pratique, c'est construire progressivement une connaissance de première main de ce qu'on enseigne. Pas une connaissance théorique — une connaissance vécue.
Comment tenir un journal de pratique YOGAsophro®
Il n'y a pas de format obligatoire. Ce qui compte, c'est la régularité et l'honnêteté. Papier ou numérique — peu importe, du moment que tu écris vraiment, pas que tu perfectionnes. Une entrée utile répond à quelques questions simples : qu'est-ce que j'ai pratiqué aujourd'hui, et dans quel état je suis arrivée ? Qu'est-ce que j'ai observé dans mon corps pendant la séance ? Comment je me sens à la fin ? Est-ce que quelque chose m'a surprise, résistée, ouvert ?
Pour l'enseignement, une deuxième dimension s'ajoute : qu'est-ce que j'ai proposé aujourd'hui à mes élèves, et comment ça a été reçu ? Qu'est-ce que j'ai observé dans le groupe ? Qu'est-ce que je ferais différemment la prochaine fois ? Ce n'est pas de la planification. C'est de l'observation. Et c'est précisément ce que le svadhyaya demande.
Quelques lignes. Pas de mise en forme, pas de conclusions théoriques. Juste ce qui s'est passé, dans le corps et dans l'état intérieur, après la pratique.Mon journal ne contient pas seulement mes propres observations de praticienne. Il contient aussi ce que mes stagiaires vivent — parce que ce qu'ils traversent en séance est une information pédagogique que je ne veux pas laisser disparaître. C'est ça, un journal de pratique vivant. Et c'est précisément pour ça qu'il est utile.
Un outil qui vient de loin : le svadhyaya
Dans la tradition du yoga, le journal de pratique n'est pas un outil de développement personnel contemporain. Il s'inscrit dans le svadhyaya — l'un des cinq niyamas décrits par Patanjali dans les Yoga Sutras. Le svadhyaya, c'est l'étude de soi. L'observation lucide de ce qu'on est, de ce qu'on fait, de ce qui se passe en soi quand on pratique.
C'est un concept plus vaste que le simple carnet de notes — il englobe aussi l'étude des textes, la réflexion sur les enseignements, la vie des sages qui ont transmis la discipline. Mais dans sa dimension la plus quotidienne et la plus accessible, il commence par là : noter ce qu'on observe.
Pour une sophrologue qui intègre le yoga dans sa pratique, cette tradition résonne directement avec quelque chose qu'elle connaît déjà : la phénodescription.
Le parallèle avec la phénodescription sophrologique
La phénodescription, c'est le moment dans une séance de sophrologie où la sophronisante décrit ce qu'elle a vécu — les sensations, les images, les états traversés, cette phénodescription peut se faire à la fois à l'oral ou à l'écrit. Sans jugement, sans interprétation forcée. Juste ce qui a été perçu.
Le journal de pratique fonctionne exactement de la même façon, mais en privé, par écrit, pour soi. C'est une phénodescription personnelle que l'on adresse à soi-même. Ce parallèle n'est pas anodin. Il signifie que la sophrologue qui commence à tenir un journal de pratique YOGAsophro® n'apprend pas un geste étranger à sa discipline — elle approfondit quelque chose qu'elle fait déjà en séance, et elle le retourne vers sa propre expérience. C'est le svadhyaya appliqué : l'outil pédagogique devient outil de connaissance de soi.
Ce que le journal change concrètement dans l'enseignement
Je me sers de mon propre journal comme guide pour mes élèves. Ce que j'ai pratiqué, noté, observé sur moi — ce sont les matériaux à partir desquels je construis mes séances. Pas de façon mécanique, mais parce que l'expérience personnelle est la seule base vraiment solide pour enseigner.
Quand je note après une séance orientée stress post-traumatique que l'agitation d'un élève s'est dissipée, que ses muscles se sont relâchés, qu'il s'est endormi de fatigue — ce n'est pas anecdotique. C'est une information précieuse sur ce que cette séance produit réellement dans le corps et l'état intérieur. Et c'est cette information-là que je peux transmettre à mes sophronisant·es avec honnêteté, parce que d'autres l'ont vécu.
C'est aussi ce que j'enseigne à mes stagiaires en formation YOGAsophro® : tenir un journal de pratique, c'est construire progressivement une connaissance de première main de ce qu'on enseigne. Pas une connaissance théorique — une connaissance vécue.
Comment tenir un journal de pratique YOGAsophro®
Il n'y a pas de format obligatoire. Ce qui compte, c'est la régularité et l'honnêteté. Papier ou numérique — peu importe, du moment que tu écris vraiment, pas que tu perfectionnes. Une entrée utile répond à quelques questions simples : qu'est-ce que j'ai pratiqué aujourd'hui, et dans quel état je suis arrivée ? Qu'est-ce que j'ai observé dans mon corps pendant la séance ? Comment je me sens à la fin ? Est-ce que quelque chose m'a surprise, résistée, ouvert ?
Pour l'enseignement, une deuxième dimension s'ajoute : qu'est-ce que j'ai proposé aujourd'hui à mes élèves, et comment ça a été reçu ? Qu'est-ce que j'ai observé dans le groupe ? Qu'est-ce que je ferais différemment la prochaine fois ? Ce n'est pas de la planification. C'est de l'observation. Et c'est précisément ce que le svadhyaya demande.
Par où commencer ?
Si tu veux explorer la méthode YOGAsophro® et commencer à construire ta propre pratique à partir de fondations solides, tu peux commencer par télécharger le workbook.
Et si tu veux une formation complète qui intègre cette dimension de connaissance de soi par la pratique — la Formation Professeure YOGAsophro® est certifiée Yoga Alliance RYS 200 et Qualiopi.
Mila Muriel RIVAULT
Mila est l'autrice de ce texte. Ancienne journaliste, sophrologue certifiée RNCP, professeure de yoga 500h RYT Yoga Alliance, elle est la créatrice de la méthode YOGAsophro® — l'alliance structurée du yoga et de la sophrologie. Elle forme les sophrologues via ESSCOOP, organisme de formation certifié Qualiopi. Elle est également l'autrice de l'ouvrage "Stress post-traumatiques et solutions naturelles" (Éditions Leduc).Formation Professeure YOGAsophro® — Yoga Alliance RYS 200 + Qualiopi : methodeyogasophro.com/formationsyogasophro
